Témoignages

Gisèle, ancienne buraliste, victime du tabagisme passif

Ancienne buraliste, puis employée de café, Gisèle Cormier est atteinte de BPCO depuis 1991. Si elle a fumé plus de 20 ans, elle a aussi été victime d’un tabagisme passif qui a marqué son quotidien.  Gisèle est, à 58 ans, une victime du tabagisme passif. Elle a subi ce dernier pendant plus d’une décennie, en vendant des cigarettes au bureau de tabac qu’elle tenait en région parisienne aux côtés de son époux Lucien jusqu’en 1992, puis au sein d’un café que les époux achèteront par la suite dans la région nantaise où ils résident désormais. De plus Gisèle fumera jusqu’à l’âge de 42 ans, date à laquelle son médecin traitant détecte une BPCO, associée à de l’emphysème, cette maladie des alvéoles pulmonaires qui lui rendra sa respiration de plus en plus difficile et son quotidien au milieu des fumeurs particulièrement pénible. Après de multiples examens d’exploration respiratoire menés à l’hôpital, on lui annonce qu’elle ne pourra plus, à l’avenir, vivre sans l’aide d’une bouteille à oxygène. L’état de ses poumons est trop dégradé. De colère, Gisèle jette son dernier paquet de cigarettes en reprenant sa voiture, mais refusera d’être «branchée», 18 heures par jour, à une machine. Cinq années durant, elle luttera, en vain, contre l’acceptation d’une maladie respiratoire pourtant irréversible. Ses bronches sont trop atteintes. Les différents traitements qu’elle prendra n’y feront rien. En 1996, Gisèle retombe malade. Son état s’est sérieusement empiré. Après une dernière décompensation, elle se résout à accepter la machine à oxygène qui, depuis, ne la quitte plus, où qu’elle soit. Aujourd’hui elle va mieux, vit une vie presque « normale » et se déplace régulièrement en voiture, avec son époux et sa bonbonne d’oxygène, pour aller rendre visite à ses enfants en région parisienne ou à l’Est. «La BPCO est une maladie insidieuse, qui ne se voit pas, qui ne se reconnaît pas », dit celle qui est venue témoigner de son état de santé aux Etats Généraux de la BPCO (voir rubrique sur ce site). Ancienne buraliste, elle souligne volontiers que la fumée n’épargne aucunement ceux qui font commerce du tabac sur leurs lieux de vente. Loin de là !
Par la suite, Gisèle se déplacera avec l’aide de son déambulateur, sur lequel elle place sa bouteille d’oxygène portable qui lui donne l’autonomie nécessaire à ses déplacements. Loin de baisser les bras et de s’enfermer dans sa maladie, elle militera dans une association locale d’insuffisants respiratoires (AIR 44) pour une meilleure prise en charge de la BPCO. « Il y a encore beaucoup à faire pour faciliter la réhabilitation respiratoire dans les rangs des malades », dit aussi la militante qu’elle est devenue. Pas résignée pour un sou. Elle devait bénéficier d’une greffe du poumon qui devrait lui redonner une autonomie qu’elle n’espérait plus. Malheureusement Gisèle n’a pas surmonté cette dernière épreuve.