BPCO, comment la prévenir ?

Quels sont les symptômes de la BPCO ?

Cette affection a un fort retentissement avec de l'essoufflement, une toux, des symptômes de bronchite. Elle est invalidante, même si elle est longtemps asymptomatique : les gens adaptent leur mode de vie à l'essoufflement et se plaignent très tardivement. Mais la BPCO, c'est 17000 morts par an, soit 6 fois plus que les accidents de voiture. 9 Français sur 10 ne savent pas que cette maladie existe. Et s'il y a bien eu un Plan BPCO entre 2005-2010, il n'était pas assez ambitieux et  il n'a pas donné grand-chose…

Elle évolue par poussées durant lesquelles il y a une exacerbation des symptômes. Le Dr Jean Bourbeau, médecin canadien disait que "l'exacerbation est à la BPCO ce que l'infarctus est à l'insuffisance coronarienne" et c'est très vrai !

Quelle est la fréquence en France ?

La prévalence est estimée à 7,5% de la population générale mais moins d'1/3 des patients sont diagnostiqués.

Quelles sont les personnes le plus à risque ?

Le tabagisme est la cause principale dans 85% des cas. Les personnes de plus de 40 ans, qui ont fumé plus de 20 ans et qui ont des symptômes (comme l'essoufflement) pourraient être une cible. Mais il ne faut pas oublier les fumeurs de cannabis, qui ont des BPCO beaucoup plus précoces et sévères.

La mesure du souffle qui est le moyen le plus efficace de dépister la maladie. Mais quelle doit être la population cible ? Cela reste à définir… 

Quelles sont les répercussions économiques de cette maladie ?

Cela a un coût monstrueux pour la collectivité : 3,5 milliards d'euros par an alors que c'est une maladie évitable…. Le coût moyen est de 7500 euros par personne par an. La BPCO est responsable de 100 000 hospitalisations par an, en moyenne de 9 jours. Et 130 000 personnes sont sous oxygène (utilisée lorsque les bronchodilatateurs ne suffisent plus).

Comment la prévenir et la détecter ?

C'est un fléau, mais oui, elle est évitable. La prévention passe surtout par l'arrêt du tabac et comme la 2ème cause est les facteurs environnementaux (pollution industrielle, agricole,…), le rôle du médecin du travail est essentiel, notamment avec la question du tabac. Il faut préserver son capital souffle : arrêter de fumer, se bouger, avoir une alimentation équilibrée. C'est un mode de vie qui permet de prévenir la maladie et de promouvoir la santé !

Les moyens envisageables pour mieux la détecter sont les suivants :

-       Un programme national de réduction du tabagisme, pas uniquement dans le cadre du plan cancer, mais aussi en incluant la BPCO. On peut imaginer une signalétique sur les paquets de cigarette ("la toux du fumeur peut cacher une BPCO" par exemple).

-       Un diagnostic plus répandu : par le médecin du travail et le généraliste, voire d'autres professionnels de santé, tels que le pharmacien avec un questionnaire ciblé, qui ferait de la détection avec confirmation chez un médecin. Le professionnel de santé doit être formé pour mesurer le souffle – la formation du médecin est importante.

-       Une réhabilitation respiratoire  pour les patients diagnostiqués pour ne pas que ça s'aggrave. Trois axes sont essentiels : le sevrage tabagique ; l'exercice physique quotidien (30-45 mn tous les jours) ; le traitement avec des médicaments bronchodilatateurs.

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Vous pouvez assister au colloque de l'association sur la BPCO, sur le thème "La BPCO, un fléau évitable ? Les enjeux de la prévention" est organisé au Palais du Luxembourg à Paris le 12 novembre. Les inscriptions sont possibles jusqu'au 06 novembre auprès d'Alexandra Deleuze, a.deleuze@ljcom.net

 [Source : Le Blog du Dr Tourmente sur http://www.allodocteurs.fr rédigé le 29 octobre 2014 ]