La BPCO, une maladie qui se féminise : Agir précocement pour ne pas être à bout de souffle

La BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive) touche 3,5 millions de personnes en France, soit 6 à 8 % de la population adulte et elle pourrait passer en 2020 à la troisième place des causes de mortalité par maladie. Dans de nombreux pays industrialisés, la BPCO augmente plus rapidement chez les femmes que chez les hommes. Ainsi, en France, 40 % des malades atteints de BPCO sont des femmes, un phénomène principalement lié à l’augmentation du tabagisme féminin.

Malgré les campagnes de prévention, la BPCO reste méconnue et sous-diagnostiquée. On estime que deux malades sur trois ne seraient pas diagnostiqués ou le seraient tardivement. Elle cause, pourtant, 16 000 décès par an chez les adultes d’au moins 45 ans. « Nous ne sommes pas tous égaux face aux méfaits du tabac et à tabagisme égal, les femmes sont plus vulnérables, elles ont une altération de la fonction respiratoire plus rapide que les hommes, constate Chantal Raherison (CHU de Bordeaux). Les symptômes observés sont plus sévères et plus fréquents, mais certains ont conservé une empreinte masculine dans l’imaginaire collectif (crachats, toux grasse), et la BPCO reste sous-diagnostiquée. »

Au niveau psychologique, les femmes atteintes de cette pathologie présentent des troubles anxieux et une tendance à la dépression plus fréquents que les hommes, et leur impact sur l’altération de la qualité de vie est plus fort. Afin de préserver sa santé respiratoire, notamment en cas de tabagisme, il est primordial que le ou la patient(e) fasse part des premiers symptômes à son médecin traitant qui pourra l’orienter au besoin vers un pneumologue. « Celui-ci évaluera la capacité respiratoire du patient grâce notamment à la mesure du souffle et, une fois le diagnostic posé, il va organiser la prise en charge globale en faisant intervenir différents acteurs de santé, explique Cécilia Nocent (centre hospitalier Côte Basque-Bayonne) : le tabacologue pour l’aide au sevrage tabagique, une diététicienne pour tous ceux ou celles qui craignent la prise de poids à l’arrêt du tabac, le kinésithérapeute pour une meilleure gestion du souffle au quotidien et une réhabilitation respiratoire à long terme, et même un cardiologue. » Une activité physique d’intensité modérée est recommandée comme traitement préventif et curatif à part entière de la BPCO. Les fumeurs actifs pratiquant une activité physique régulière égale ou supérieure à deux heures par semaine ont un risque réduit de 40 % des hospitalisations et de la mortalité d’origine respiratoire.

Quatre bulles d’air.

Après avoir sonné l’alarme en 2010 et attiré l’attention des femmes, surtout les fumeuses et les ex-fumeuses, en soulignant l’importance de diagnostiquer une éventuelle BPCO, six femmes pneumologues constituant le groupe Femmes et Poumon de la société française de pneumonie de langue française, poursuivent leur mobilisation et vont à la rencontre des femmes pour les aider à préserver leur santé pulmonaire.

Avec le soutien du Laboratoire AstraZeneca, elles oorganisent la nouvelle campagne « Prenez le temps de souffler ». À la suite de la dixième journée mondiale contre la BPCO qui se déroulera le 16 novembre prochain, des « bulles d’air » accueilleront le temps d’une journée, femmes et hommes désireux d’apprendre à mieux maîtriser et préserver leur souffle ; elles offriront un espace d’informations et d’échanges dans quatre grandes villes : Paris, Lyon, Bordeaux et Lille. Lors de cette journée, les femmes pourront rencontrer différents spécialistes : pneumologue, tabacologue, kinésithérapeute, mais aussi médecin généraliste. Une journée rythmée par des conférences, des échanges, des exercices pratiques sous forme d’ateliers : comprendre et mesurer le souffle, arrêter de fumer, mieux respirer et mieux bouger.

Christine Nicolet

D’après une conférence du Groupe de travail Femmes et Poumon.

Source : Le Quotidien du Pharmacien du : 22/09/2011