Egalité hommes-femmes : oui, peut-être au cours de la BPCO

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) qui autrefois touchait principalement les hommes, change de visage : aux Etats-Unis, le nombre de cas de BPCO, les hospitalisations et les décès liés à cette affection sont plus nombreux dans la population féminine.

Ces observations font qu’actuellement, de nombreuses publications s’intéressent aux différences hommes/femmes dans la BPCO. Dans ce travail, les auteurs ont cherché à déterminer les  différences de survie et les causes de décès en utilisant la cohorte de l’étude TORCH (Toward a Revolution in COPD Health). Il s’agit d’une étude multicentrique (42 pays), incluant des malades BPCO (VEMS/CV< ou = à 70 % et VEMS<70 %) âgés de 40 à 80 ans.

 Un total de 1 481 femmes et 4 631 hommes atteints de BPCO ont été inclus et suivis pendant 3 ans, avec l’analyse, le cas échéant, des causes du décès et  du nombre d’exacerbation. La proportion hommes/femmes diffère selon les pays et régions avec une représentation plus élevée des femmes aux Etats-Unis.

 A l’inclusion dans l’étude et comparativement aux hommes, les femmes sont plus jeunes (63 vs 66 ans, p<0,001), sont plus souvent fumeuses actives (49 vs 41 %) et ont un VEMS plus élevé (47 % contre 44 % des valeurs prédites). Davantage de femmes sont également en sous-poids : 17 % d’entre elle ont un IMC<20 contre seulement 12 % de la population masculine (p<0,001).  A VEMS égal, la dyspnée est ressentie de manière plus importante chez les femmes par rapport  aux  hommes, avec un score moins bon au questionnaire respiratoire de St. George's (51,3 vs 48,7).

Au cours de l'étude, 707 (15,3 %) hommes et 168 (11,3 %) femmes sont décédés. Après ajustement sur la sévérité de la BPCO, l’IMC et l’existence de comorbidités, le risque de décès est de 16 % plus élevé chez les hommes que chez les femmes. Ce chiffre n’est toutefois pas statistiquement significatif : le risque relatif est donc de 1,16, mais avec un intervalle de confiance à 95 % de 0,98 à 1,39.

Les causes de décès ont été similaires chez les femmes et les hommes : 33 et 35 % de causes pulmonaires et 24 et 28 % de causes cardiovasculaires, respectivement dans le groupe féminin et masculin.
Le taux d’exacerbation était de 25 % plus élevé chez les femmes que chez les hommes (IC 95 % de 16 à 34 %, p<0,001), mais le nombre d’hospitalisation pour exacerbations est identique entre les 2 sexes.

En conclusions, les auteurs soulignent que, si  la mortalité globale des femmes atteintes de BPCO est un peu plus faible que celle des hommes, cette différence n’est pas significative après ajustement. De plus, le fait que les décès relèvent des mêmes causes suggère un retentissement comparable de la maladie dans les 2 sexes.

Dr Béatrice Jourdain

(Source : www.jim.fr le 18 avril 2011)