BPCO, pas le même genre chez les femmes et les hommes !

Une étude a été menée pour déterminer si le sexe («genre») avait un impact sur la qualité de vie des patients atteints de BPCO modérée, stabilisée par le traitement. Chez les patients atteints de BPCO modérée, les pathologies cardiovasculaires, dyslipidémie et alcoolisme sont plus fréquents chez les hommes, tandis que les femmes souffrent plus souvent d’ostéoporose, d’anxiété et de dépression.

La qualité de vie est désormais un élément important de la prise en charge de la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). Elle est même devenue un critère d’efficacité du traitement. Selon certains travaux, la durée de vie se trouverait réduite par une diminution de la qualité de vie. Il est donc essentiel que les praticiens soient attentifs à ce problème. Et peut-être un peu plus attentifs encore chez les femmes. L’on sait déjà que la BPCO est souvent diagnostiquée plus tardivement chez les fumeuses.

Une équipe française a réalisé une étude pour déterminer si le sexe (« genre ») avait un impact sur la qualité de vie des patients atteints de BPCO modérée, stabilisée par le traitement. Au total, 430 patients ont été inclus, dont 57,4 % de femmes. Les pathologies cardiovasculaires, dyslipidémie et alcoolisme sont plus fréquents chez les hommes, tandis que les femmes souffrent plus souvent d’ostéoporose, d’anxiété et de dépression. L’intensité de la toux, des crachats et de la dyspnée est la même chez les hommes et les femmes.

Mais alors que l’atteinte des fonctions respiratoires est moins sévère chez les femmes incluses dans cette étude, leurs scores d’anxiété sont supérieurs à ceux des hommes (score de 9,8 vs 7,1) et leur qualité de vie semble plus affectée par leur maladie (score SGRQC 50,6 vs 45,4). Ce sont notamment les crachats chroniques qui ont un impact spécifique sur la qualité de vie des femmes, alors que c’est le nombre de traitements qui influence le plus la façon dont les hommes tolèrent leur maladie.

En revanche cet impact sur la qualité de vie n’incite pas plus les femmes que les hommes à interrompre leur intoxication tabagique.

Les auteurs estiment que, pour être efficace, la prise en charge des femmes atteintes de BPCO devrait tenir compte de l’impact particulier qu’a sur elles leur maladie ainsi que des comorbidités spécifiques.

[Source : Le JIM, Dr Roseline Péluchon]

Références :
Raherison C et coll. : Clinical characteristics and quality of life in women with COPD: an observational study. BMC Women'sHealth 2014, 14: 31. doi:10.1186/1472-6874-14-31