Sport et BPCO, les cinq commandements

David Communal est enseignant en Activité Physique Adaptée (APA) à l’Université de Toulouse et dirige l’Association Prof'APA. Voici ses règles d’or pour convertir les malades chroniques en « PARFAITS experts en activité physique dans un objectif de santé ». En réalité, PARFAITS est un acronyme qui intègre huit notions essentielles : Progressivité, Adaptabilité-Accessibilité, Régularité, Fréquence, Alternance, Intensité, Temporel et Sécurité.

 

« Adopter la culture du sport »

Bien souvent, les personnes atteintes de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et les malades chroniques en général n’ont pas la culture de l’activité physique pour elles-mêmes. Ce terme dépasse la seule pratique du sport, pour englober les activités de vie quotidienne, de travail, de déplacement et de loisirs. Prendre du temps pour soi et pratiquer une activité physique dans un objectif de santé est nouveau pour elles. L’idée est de valoriser les activités exercées par le passé pour les renforcer, puis de faire découvrir des moyens supplémentaires de se mouvoir. Imposer le vélo-elliptique du jour au lendemain, par exemple, est contre-productif. L’objectif de l’APA est de répondre aux besoins spécifiques et aux attentes de la personne BPCO en favorisant ses capacités aux dépends de ses incapacités.

 

« Prendre rendez-vous avec soi-même »

La difficulté est de se ménager un temps dédié à l’activité physique. L’idée est alors de l’inscrire dans son agenda comme n’importe quel rendez-vous, tout en sachant qu’il est possible de fractionner sa pratique quotidienne en séances de dix minutes d’activité d’intensité modérée à intense, en fonction des possibilités de chacun.

Tout réside dans la régularité de l’exercice. Alors qu’il est préconisé cinq fois trente minutes d’activité d’intensité modérée à intense par semaine chez l’adulte pour maintenir un état de santé, les malades chroniques devraient s’astreindre à un entretien physique quotidien.

La fréquence se réfère aux sessions successives d’activité physique tout au long de la journée mais aussi au type d’exercice : alterner des activités d’endurance en vue d’augmenter le confort respiratoire de façon durable avec des exercices de renforcement musculaire (porter une bouteille d’eau, jardiner activement etc.),  d’assouplissement et d’équilibre.

 

« Ne pas négliger la progressivité des exercices, ni la phase de récupération »

La priorité est de canaliser l’énergie de la personne et d’aborder les exercices simples et accessibles, toujours de façon progressive en jouant sur les paramètres de difficulté (résistance etc.), afin d’optimiser pas à pas la capacité respiratoire résiduelle. L’intensité doit être modérée à intense (5 à 8 sur une échelle de 10), mais cette intensité doit être variable.

Lors de la phase post-exercice, le corps continue à être actif. En cas de limitation respiratoire, la montée en charge et l’arrêt doivent être progressifs, sur une dizaine de minutes.

Attention, il ne faut pas oublier que les comportements sédentaires contrecarrent les bénéfices de l’activité physique quotidienne. Les temps d’inactivité physique consécutive ne devraient pas excéder 1h30-2h  incluant le temps passé devant les écrans récréatifs.

 

« Se sentir en sécurité »

De nombreuses personnes BPCO se sentent en insécurité lorsqu’elles pratiquent seules une activité physique. La présence d’un professionnel de santé, d’un enseignant en APA ou d’un éducateur sportif voire d’un groupe de patients dans le cadre d’activités associatives permet de les rassurer.

En pratique, quelques règles simples limitent les risques comme réduire les écarts importants de température, adopter une tenue vestimentaire qui ne comprime pas le corps pour permettre de travailler l’amplitude respiratoire et se sentir à l’aise. Il faudrait éviter la pratique les jours où l’on ressent une majoration de l’essoufflement de façon inexpliquée et respecter les traitements médicamenteux notamment les bronchodilatateurs d’action rapide s’ils sont prescrits.

 

« Conserver l’envie et la motivation »

L’émulation collective générée par l’activité en groupe, la convivialité et le plaisir sont des notions très positives et déterminantes pour entretenir la motivation dans le temps.

 

Hélène Joubert, journaliste