Grippe et pneumocoque : se vacciner, c’est prévenir les exacerbations de BPCO !

C’est inscrit dans calendrier vaccinal français : les vaccins contre la grippe saisonnière et le pneumocoque sont fortement conseillés en cas de bronchopneumopathie obstructive, susceptible d’être aggravée ou décompensée par ces deux infections. La vaccination antigrippale chaque année, plutôt tous les cinq ans pour la vaccination antipneumococcique.

Malheureusement, la défiance actuelle envers l’ensemble des vaccins est lourde de conséquences. Années après années, trop de personnes souffrant de BPCO ignorent ou rejettent la vaccination. Par exemple, le vaccin antigrippal est injecté chez seulement une personne BPCO sur deux*. Plus encore qu’en population générale, les croyances sur une potentielle nocivité des vaccins- absolument non démontrée à ce jour- leur cause un tort irréparable. En effet, l’intérêt de ces deux vaccins est majeur pour se prémunir d’un risque accru et considérable d’exacerbations de la BPCO**.

La fonction première du poumon est respiratoire. Mais on oublie trop souvent qu’il sert de filtre contre les micro-organismes (virus, bactéries etc.) au même titre que la peau ou le tube digestif ! Or, toutes les maladies respiratoires infectieuses sont transmises par des micro-organismes inhalés ; c’est pourquoi la vaccination met en place une ligne de défense, une protection essentielle contre d’éventuels germes susceptibles d’être inhalés. A fortiori chez les personnes BPCO dont les voies respiratoires sont fragilisées. Chez eux, la muqueuse respiratoire, barrière efficace en temps normal contre certains germes, ne joue plus son rôle. Les pathologies respiratoires sévères comme la BPCO ou l’asthme sont des facteurs de risque d’infections invasives à pneumocoques. Chez les personnes qui en souffrent, ce risque infectieux est multiplié par quatre ***. A méditer.

Fréderic Le Guillou, pneumologue

Président de l’Association BPCO

 

* G. Jebrak G et al. Revue des Maladies Respiratoires Vol 27, N° 1 ; pages 11-18 (2010)

** référence

*** Kyaw MH et al. J Infect Dis. 2005;192(3):377-86